2013

Carte de voeux

Guéant ou l’arrogance du civilisé

A première vue comment ne pas être d‘accord avec Claude Guéant que certaines manières de traiter la femme, ou l’enfant, dans certains pays, ne sont pas admissibles aux yeux des Droits de l’Homme et des valeurs universelles ? On notera avec amusement que voilà Guéant devenu « droitdelhommiste », lui qui envoie les flics chercher les enfants à la sortie de l’école pour les expulser, ou aux restaurants du cœur pour arrêter de pauvres gens venus chercher un plat chaud.

S’agit-il pour autant de valeur des « civilisations » ? Le terme a connu un grand succès au 18° puis au 19° siècle, s’opposant notamment à « barbarie », et servant à justifier des opérations comme la traite des Noirs, les guerres expansionnistes ou coloniales, au nom de la supériorité d’une civilisation sur une autre. Supériorité alléguée, démentie par les ethnologues. Marcel Mauss écrira  : « Il n’existe pas de peuples non civilisés. Il n’existe que des peuples de civilisations différentes. » Démentie surtout par les faits : les Espagnols se sont montrés bien aussi barbares que les Aztèques ou les Mayas, les Américains que les Indiens, les chrétiens que les musulmans.

En 2012, tous comme au Larzac !

Il est à la fois rassurant et énervant, ce rituel des vœux. Rassurant, parce qu’à la 50° personne qui vous souhaite une bonne santé, on se sentirait à force vaguement protégé ; énervant aussi, par son côté formel et automatique  : bonheur, santé, tout est possible et Hollande à la barre !

Alors que souhaiterai-je, outre la forme physique, morale, et les satisfactions de tout poil ? Il me semble urgent de retrouver deux aptitudes  : celle de comprendre et celle d’agir. Comprendre, car nous sommes abreuvés depuis des années de discours politiques et économiques qui vont tous dans le même sens  : nous expliquer que nos malheurs (réels ou supposés) viennent de notre laxisme social, voire de notre paresse ; seule une « rigueur » visant les avantages sociaux serait la solution. On se fiche de nous  : le déficit du PIB de la France provient, non pas des dépenses sociales, stables, mais de la faiblesse des recettes, plombées par les avantages fiscaux donnés depuis 10 ans aux plus aisés ; et c’est la spéculation qui ruine les pays, pas les 35 heures.
Agir, car comprendre ne suffit pas. On en a l’occasion en 2012, avec deux élections nationales, qui, en principe, mobilisent l’intérêt des gens. Mais agir pour quoi faire ? Pas pour remplacer un locataire de l’Elysée par un autre plus sympathique, mais bien pour changer la politique et les idées libérales qui nous dominent depuis trop longtemps.

La semaine dernière je suis allée voir Tous au Larzac, chronique d‘une lutte de 11 ans entre une poignée de « paysans » et l’Etat de Pompidou ou Giscard. Ils avaient compris, eux, qu’ils ne gagneraient que par l’information, la solidarité, l’action déterminée, à chaque étape, à chaque attaque. On devrait diffuser ce film sur toutes les chaînes à une heure de grande écoute, et le mettre au programme des lycées, car il y a des temps où la désobéissance est nécessaire pour préserver la liberté et la justice.

Comprendre les vrais enjeux du matraquage médiatique, son fonctionnement, ses manipulations,  agir pour les contrebalancer, pour faire entendre un autre discours  : bref, à défaut de tracteurs et de brebis, activer ses neurones, sa parole et ses souliers ! Bonne année !

Non, rien de rien…

Non je ne regrette rien…. Pour éprouvante qu’elle ait été, cette phase de candidature à l’investiture socialiste m’a apporté tout plein d’enseignements, et malgré son résultat négatif, quelques satisfactions.

A l’époque d’avant la tutelle, c’était un seul qui décidait. Cette fois ils s’y sont mis à cinq pilotés par la tutelle. On est passé de la monarchie à l’oligarchie : c’est un progrès, peut-être même vers la démocratie, qui sait ? Il suffira de faire voter (un jour !) les 2000 et quelques militants qui n’ont pas pu le faire pour ces investitures. Les historiens rappelleront qu’après la monarchie il y a eu le Directoire (tiens tiens, cinq membres aussi en 1795) et que cela nous a conduits au bonapartisme. Mais ce sont des esprits chagrins, ces intellectuels.

D’ailleurs, la preuve que la démocratie avance au PS, c’est que Christophe Borgel, chargé au BN du secrétariat aux élections, a déclaré que Jack Lang ne pouvait être investi, car il ne s’était pas présenté au vote des militants. C’est dire tout l’intérêt que le PS dans ses hautes instances porte à ce vote des militants. Bien sûr les mêmes ont jugé que les militants de l’Hérault ne voteraient pas et que les investitures étaient quand même légitimes. On ne va pas s’arrêter à ces broutilles.

Le principal motif de satisfaction c’est que la situation héraultaise se normalise, nous dit-on. Les exclus sont réintégrés, sauf un, et même certains sont investis : exclus lundi, réintégrés et investis mardi  : ça c’est du rapide ! On se demande pourquoi cela traînait depuis plus d’un an et demi.

Enfin la hauteur de vue politique qui a présidé aux choix laisse admiratif  : la logique d’entente entre « grands élus » poussant chacun leur pion ayant primé sur la logique électorale (celle qui cherche bêtement à gagner les élections), cela donne des résultats amusants pour les initiés, bien qu’incompréhensibles pour le commun des mortels. Mais qui se préoccupe du commun des mortels? Et du résultat des élections ?

Il vaut mieux en rire. D’ailleurs j’ai eu de vraies satisfactions  : celle de faire équipe avec Olivier Conge ; celle de collaborer avec Militer autrement et Olivier Dedieu ; celle de rencontrer des camarades et des élus, de ma section mais aussi d’autres sections et d’autres communes, qui m’ont exprimé leur sympathie et apporté leur soutien. S’ils ont été empêchés de le manifester par un vote, leur appui reste pour moi le point fort de cette campagne. Et je leur dis un grand merci à tous.

Une candidature pour gagner

Passant de l’intention à l’action, j’ai posé ma candidature à l’investiture PS pour les élections législatives de juin 2012, dans la 3° circonscription de l’Hérault, actuellement détenue par Jean-Pierre Grand, UMP, député-maire de Castelnau-le-lez. L’équipe qui sollicite l’investiture est donc composée de Michèle VERDELHAN, secrétaire de section de Castelnau-le-lez, titulaire et   Olivier CONGE, premier adjoint au Maire de Saint-Christol, suppléant.

Notre équipe représente ainsi largement  la circonscription.

-       Castelnau-le-lez, situé dans la première couronne de Montpellier, deuxième commune en population de la circonscription, fait partie de l’agglomération de Montpellier. Saint-Christol se trouve en zone plus rurale, à l’est de la circonscription, dans la communauté de communes de Lunel. Titulaire et suppléant appartiennent ainsi à deux cantons différents, péri-urbain et rural, et aux deux principales « intercommunalités» de la circonscription.

 -       Notre expérience est complémentaire. Professeur des universités, j’ai l’habitude des problèmes de la recherche, de l’éducation, de la formation des enseignants, des apprentissages scolaires. Mon suppléant, technicien territorial à la mairie de Montpellier, 1° adjoint au Maire de Saint-Christol, a une forte expérience de gestion de dossiers urbains et locaux.

Cette candidature est une candidature militante, ancrée dans le terrain. Adhérente au PS depuis 1998, d’abord à la section de Montpellier II, puis à Castelnau-le-lez dont je suis secrétaire de section depuis 2008, après avoir été conseillère municipale d’opposition à Jean-Pierre Grand de 2001 à 2008, je suis très impliquée dans le travail militant quotidien. Olivier Conge est 1° adjoint à Saint-Christol, chargé des principaux dossiers communaux. Issu d’une très ancienne famille de militants socialistes, il est bien implanté dans son secteur et sera soutenu par la plupart des municipalités de ce dernier. Nous visons tous deux avant tout l’efficacité de l’action et bénéficions de la bienveillance d’un certain nombre de maires et d’élus.

C’est aussi une candidature de femme : je suis la seule femme secrétaire de section dans la 3° circonscription, qui était d’ailleurs, jusqu’à présent, dévolue à une femme. Favorable au non cumul des mandats, dans le nombre et dans le temps, je serais disponible pour les tâches de la campagne électorale et pour le travail parlementaire si j’étais élue.

C’est enfin et surtout une candidature de rassemblement politique.

-       Ma candidature est acceptable par tous. Refusant depuis toujours les positions claniques, et d’attiser les querelles, j’ai travaillé en bonne intelligence avec toutes les instances, dans le respect des règles du parti. L’important est de battre la droite, et je suis à même de mobiliser tous les camarades pour une campagne active, quel que soit leur attachement à tel ou tel groupe local.

-       Hors PS, j’ai en outre de bonnes relations avec les partenaires de gauche : avec les écologistes locaux, et avec le Front de gauche. Là aussi notre ticket est en mesure de construire le rassemblement des forces de la gauche indispensable à la victoire.

Face à un député sortant connu médiatiquement et bien implanté localement, notre équipe peut donc faire valoir de nombreux atouts, qui  nous permettront la victoire sur l’UMP si nous sommes investis.

Nous serons heureux de recevoir les manifestations de soutien.

Candidature : une démarche militante

Les socialistes de Castelnau et des villes voisines le savent : j’ai entrepris la démarche de poser ma candidature à l’investiture pour les législatives de 2011. C’est une démarche militante à plus d’un titre.

Le parti socialiste poursuit ses efforts dans le domaine de la parité : il faut l’y encourager, en tenant bon sur un nombre suffisant de circonscriptions féminines et en montrant qu’il y a sur le terrain un vivier de femmes capables de mener une action politique efficace et susceptibles de se voir confier des responsabilités électorales, et ici, de battre le député sortant UMP.
Le succès des primaires, lui, est apparu comme un bel exemple de démocratie et de citoyenneté. Les gens se sont impliqués parce qu’ils avaient le sentiment de vraiment choisir. Il faut, à mon avis, qu’il en soit de même au plan local : les militants socialistes de l’Hérault, comme ceux des autres départements, doivent pouvoir s’exprimer sur la personne qu’ils souhaitent avoir comme leader dans leur circonscription, lors de la bataille des législatives. Ils sont concernés, car c’est eux qui devront la mener à bien sur le terrain, cette bataille, elle n’est pas réservée aux seuls candidats en lice, qui ne feraient pas grand-chose tout seuls !

La multiplicité des candidatures socialistes n’est donc pas en soi une difficulté, lorsqu’elle traduit la diversité des personnalités, la richesse du vivier. Il peut y avoir aussi sous-jacentes des divergences d’appréciation sur la situation politique locale. En ce qui me concerne, je ne donnerai pas prise à quelque guéguerre que ce soit. Affirmer ses convictions, poser sa différence, n’implique pas disputes ou chamailleries. En tout cas, je m’en garderai bien.

Ma candidature possible, qui a fait l’objet de nombreuses consultations, a été jugée partout de façon positive  pour pouvoir remporter la 3° circonscription ; j’espère pouvoir la poser effectivement, et que les militants seront consultés pour confirmer (ou infirmer) cette appréciation. De toute manière nous devrons tous ensuite être rassemblés derrière la personne choisie.

C’est comme cela, me semble-t-il, qu’on peut aborder cette étape de prochaine désignation dans la plus grande sérénité.

La rose et moi

Les électeurs ont tranché  : ce sera Hollande qui portera la rose au poing pour l’élection présidentielle de 2012.

Le chemin ne sera pas facile  : les sondages qui l’ont porté très haut peuvent osciller, les appétits locaux aiguisés par sa victoire se révéler un handicap, les rivaux de gauche vont se déchaîner (Mélenchon a déjà tiré une première rafale sévère). Et la crise, agitée comme un épouvantail par ceux-là même qui ont contribué fortement à la créer, va supposer de la part du candidat socialiste doigté et fermeté dans un discours qui doit certes rassembler, mais aussi donner des perspectives et de l’espoir.

Le président actuel a du mal à retrouver une crédibilité, malgré son agitation internationale, un bébé tout neuf et le dévouement de ses bons copains. Il va jouer sans doute la carte de la peur, à fond : peur de l’aggravation de la crise,  peur des attentats, peur de l’étranger ou simplement de l’autre. Sarko ou le chaos, en quelque sorte. Mais le chaos, économique, social, culturel, c’est Sarko qui l’incarne déjà !

  »Mon amie la rose » nous sortira-t-elle du pétrin ? Il faudra le rassemblement des forces de gauche, des mouvements populaires. Et ne pas barguigner sur le soutien au candidat socialiste issu des primaires. Je soutiendrai le porteur de la rose, sans état d’âme.

Regard bègue

Le débat d’hier soir, mercredi 12 octobre, était instructif. Pas tant sur les contenus, que je commence à connaître par cœur. Mais sur les personnalités. Ce n’est pas secondaire  : ne nous répète-t-on pas à l’envi que la présidentielle c’est la rencontre d‘une personne et des Français ?

L’argument sert généralement de cache-misère, en l’absence de programme politique. Ce n’était pas le cas hier, le contenu politique étant là, grâce au projet socialiste (dont on ne dira jamais assez que c’est Aubry qui l’a voulu et fait élaborer).

Deux personnalités. L’une, les bras posés sur la table, les mains ouvertes ou tenant le stylo,  posture parfois légèrement penchée en avant, pour convaincre ou argumenter, la tête droite et le regard direct, tout le temps de l’émission.

L’autre, redressé presqu’en arrière, comme s’il avait besoin de se grandir, visage peu amène, bras parfois croisés (position de repli ?). Et le regard ! Clignant des yeux sans cesse, à la manière de Mitterrand, me dit-on. Mais si l’on est sûr de soi, a-t-on besoin de singer un illustre prédécesseur ? Et c’est oublier que derrière ses paupières clignotantes, Mitterrand avait un regard posé, grave, à l’affût, parfois calculateur ou ironique. Hier, rien de tel  : le regard papillonnait à gauche à droite, en haut, en bas, ici ou là… Surtout d’ailleurs lors de remarques un peu critiques à son égard.
L’écrivain mauricien Malcolm de Chazal avait ce bel aphorisme  : « Tous les peureux sont bègues du regard. » Hollande avait hier soir le regard bègue.

Rentrée scolaire (2) : feu sur les manuels !

C’est quand même simple  : quand les faits vous accusent, déviez les coups sur les valeurs, et taxez d’ idéologie celles des autres. Les parents d’élèves occupent les classes, les enseignants absents ne seront certainement pas remplacés, des maîtres arrivent devant les élèves sans formation ? Tirez à vue sur les manuels scolaires.

Cette année nous n’avons pas eu droit au poids des cartables que nos gamins, sans doute chétifs, ne pourraient  porter. Mais à une attaque en règle contre des contenus  jugés choquants et non scientifiques  : les chapitres sur le genre dans certains manuels de 1°. Attaque à double visée  : elle détourne l’attention des vrais problèmes de l’école, et impose, à grands coups médiatiques, une parole des plus réactionnaires. Tout est bon à prendre dans un régime ultra-droitiste qui a fait de son président un symbole de l’anti-intellectualisme.

De quoi s’agit-il ? Un manuel de 1° (pour adolescents de 16-17 ans donc) écrit que le genre homme-femme est une construction sociale, à distinguer du sexe physique mâle-femelle, donnée de la naissance, et de l’orientation sexuelle, hétéro ou homo. Cette affirmation procède des études de sociologues, anthropologues et psychologues, connues et admises depuis longtemps dans un monde scientifique international hautement contrôlé, mais que semblent ignorer Christine Boutin et le Vatican, à l’origine de la polémique.

Rentrée scolaire (1) : des conditions de rentrée scandaleuses

Luc Chatel est très content : la rentrée se passe bien. Du point de vue du gouvernement de droite libérale, certes  : encore 16 000 postes d’enseignants économisés, principalement sur l’enseignement public, des options qui disparaissent dans de nombreux établissements, les coupes sombres sur les secteurs les plus fragiles, une formation des enseignants toujours dans le marasme… Et pour cacher tout cela, le hochet de la guéguerre moralisatrice sur les manuels scolaires, qu’on ressort toujours dans les grandes occasions, et sur lequel je reviendrai.

Du point de vue de l’école républicaine et de son rôle éducatif, c’est autre chose. De nombreux enfants sont sur liste d’attente pour la maternelle, les 2-3 ans sont très peu scolarisés (or c’est un âge crucial pour l’apprentissage du langage, qui va conditionner ensuite leur scolarité), des parents multiplient les manifestions contre les fermetures de classes ou l’entassement des élèves : j’ai trouvé drôle et en même temps convaincante l’action des parents d’élèves de Montaud qui ont fait venir 40 moutons dans la cour de l’école puis entassé 239 personnes dans une classe. Car la querelle des effectifs n’est pas une simple question de chiffres  : 30 enfants dans une classe non prévue pour cela, comme au collège de Castelnau, cela conduit aussi à des problèmes de sécurité. Et les méthodes pédagogiques, qui ont fort heureusement évolué depuis 50 ans et font participer activement les élèves, ne peuvent fonctionner efficacement  avec un effectif élevé.

Surtout, il y a des lieux, et des moments, où il est indispensable d’encadrer les élèves avec un faible effectif, et d’autres où l’on peut augmenter le nombre. Or ce sont les établissements en zone défavorisée qui paient le plus lourd tribut à la diminution du nombre de postes. En ce sens la proposition de Martine Aubry de renforcer l’encadrement de certaines classes ou écoles me paraît juste et positive : l’égalité républicaine suppose que l’on permette à tous les enfants de réussir à l’école, quelle que soit leur origine sociale, et que l’on mette les moyens pour cela.

La suppression de la carte scolaire a conduit comme il fallait s’y attendre à une ségrégation accrue dans la répartition des élèves selon leurs milieux sociaux. C’était une proposition de Ségolène Royal en 2007, hélas, que j’ai toujours considérée pour ma part comme une erreur monumentale. Preuve qu’il faut vraiment être vigilant sur le caractère démagogique mais nocif de certaines mesures apparemment séduisantes.

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